JupiterLes nouveaux satellites de Jupiter

Les nouveaux satellites de Jupiter

Jupiter XVII à Jupiter LXIII



12 nouveaux satellites irréguliers ont été découverts par David Jewitt et Scott Sheppard durant une recherche systématique de l'espace proche de Jupiter conduite par une équipe de l'Université d'Hawaii à l'aide du télescope de 2 mètres 20 au sommet du Mauna Kena.
Parmi eux S/1975 J 1 (ou S/2000 J 1) avait déjà été observé en 1975 par Charles Kowal.

Ils se sont vu récemment assigner un nom par la communauté internationale en octobre 2002 sauf S/2000 J 11 car il n'a pas été ré-observé depuis la fin 2000. (S/2000 J11 a été nommé plus tard lors de sa re-découverte.)
Par convention, les satellites joviens ayant une orbite prograde (dans le même sens que l'orbite de Jupiter) reçoivent un nom (latin pour la plupart) qui se termine par " a ", tandis que ceux ayant un mouvement rétrograde finissent par " e " (des noms grecs en général).
Pour cette vague de baptêmes, tous les satellites ont un mouvement rétrograde. Ils s'achèvent donc tous par un e, sauf l'un d'eux, qui a un " o " pour terminaison, car son orbite prograde (en vert sur le graphique ci-contre) n'a que très peu de ressemblance avec les dix autres qui partagent de nombreuses caractéristiques orbitales communes.

Des observations réalisées en juillet 2000 ont confirmé leur existence et ont permis de mesurer leur taille et leur orbite.

En utilisant la caméra à grand champ du télescope Canada-France-Hawaii (CFHT), les astronomes David Jewitt et Scott Sheppard de l'Université d'Hawaii viennent de mettre en lumière une grappe de petits corps rocheux. Éloignés en moyenne de 21 millions de kilomètres de Jupiter, d'une taille comprise entre 2 et 4 kilomètres, ils sont situés sur des orbites fortement elliptiques, très inclinées, et qui plus est rétrogrades : ils tournent à contre-courant de Jupiter et de ses lunes galiléennes.

Ces orbites rebelles imposent comme une évidence l'idée selon laquelle ces satellites ne se seraient pas formés autour de Jupiter, mais auraient été capturés par la suite. Aujourd'hui, l'équilibre du système solaire rend très improbable un tel mécanisme de capture, ce qui implique que l'événement se serait produit moins d'un million d'années après la formation du système solaire, à une époque où une multitude de petits corps peuplaient les espaces interplanétaires.

Deux hypothèses sont envisagées pour expliquer la capture :

  • Freinage atmosphérique : l'atmosphère dense et alors très étendue de la jeune Jupiter aurait pu intercepter ces corps rocheux, jusqu'alors simples astéroïdes errants, et les ralentir suffisamment au point de les satelliser. La taille des nouveaux satellites, entre deux et quatre kilomètres, est tout à fait compatible avec cette hypothèse. Elle leur aurait à la fois permis de survivre à la traversée de l'atmosphère, mais sans leur accorder l'énergie cinétique suffisante pour échapper à l'attraction de leur nouvel hôte.
  • Accroissement rapide de masse : Jupiter est la planète la plus massive du système solaire car elle s'est formée dans une zone riche en matériaux divers (poussières, gaz), qu'elle a pu très rapidement agréger autour de son noyau initial. Certains autres embryons de planètes environnants (on parle de planétésimaux) moins bien lotis se seraient alors trouvés à leur tour pris dans le champ gravitationnel de la précoce Jupiter, puis disloqués en autant de satellites une fois franchie la limite de Roche.

Le 31 octobre 2002 David Jewitt et Scott Sheppard découvrent S/2002 J 1 leurs 23ème satellite jovien portant le total à 40.
Cette toute nouvelle lune a été repérée, à la magnitude 22,8, sur deux clichés (pris à l'aide du télescope de 2,2 m de diamètre du Mauna Kea). Elle fait partie des satellites rétrogrades.
S/2002 J 1 gravite à 23 millions de kilomètres du centre de Jupiter sur une orbite inclinée de 163 degrés par rapport au plan équatorial de Jupiter et a une forte excentricité de 0,244. Il boucle un tour de Jupiter en un peu plus de deux ans (748,5 jours exactement). Son diamètre est estimé à seulement 3 km.

Du 5 au 9 février 2003, l'équipe de Scott S. Sheppard et David C. Jewitt découvre 23 autres lunes portant ainsi le nombre de satellites de Jupiter à 63.

Début 2005 l'UAI a nommé certains de ces nouveaux satellites : Carpo (S/2003 J 20), Mnémé (S/2003 J 21), Thelxinoé (S/2003 J 22), Hélicé (S/2003 J 6), Arché (S/2002 J 1), Hégémone (S/2003 J 8), Eukélade (S/2003 J 1), Cyllène (S/2003 J13) Aoede (S/2003 J 7) et Kallichore (S/2003 J 11).

Coré (S/2003 J 14) reçu son nom définitif le 5 avril 2007.

Le 7 Septembre 2010 R. Jacobson, M. Brozovic, B. Gladman et M. Alexandersen découvrent S/2010 J 1 en utilisant le télescope de 5m du mont Palomar. Il mesure 2 km de diamètre et orbite à 23 314 335 km.

Le 8 Septembre 2010 Christian Veillet a découvert S/2010 J 2 en utilisant le télescope de 3.5m Canada-France-Hawaii (CFHT) à Hawaii. Il mesure 1 km de diamètre et orbite à 20 320 000 km.

Le 29 janvier 2012 Scott S. Sheppard annonce la découverte de 2 nouveaux satellites sur des images du 27 Septembre 2011 prises avec le télescope Magellan-Badde de 6,5 mètres de l'Observatoire de Las Campanas : S/2011 J1 et S/2011 J2. Ils orbitent à respectivement 20 155 290 km et 23 329 710 km.

Le 06 juin 2017 Scott S. Sheppard annonce la découverte de 2 nouveaux satellites sur des images de 2016 et 2017 : S/2016 J 1 et S/2017 J 1. Ils orbitent à respectivement 20 600 000 km et 25 000 000 km.

Le 17 juillet 2018 Scott S. Sheppard annonce la découverte de 10 nouveaux satellites sur des images de 2016, 2017 et 2018 : Valétudo (S/2016 J 2), S/2017 J 2, S/2017 J 3, Pandia (S/2017 J 4), S/2017 J 5, S/2017 J 6, S/2017 J 7, S/2017 J 8, S/2017 J 9 et Ersa (S/2018 J 1).


Origine du nom et étymologie

S/1999 J 1 : Callirhoé : héroïne, fille du dieu fleuve Achéloos, qui fut aimée de Zeus.
S/2000 J 1 et S/1975 J1 : Thémisto : femme d'Arcadie ayant eu un fils de Zeus.
S/2000 J 2 : Calycé (ou Kalyke) : fille d'Eole (père des Eoliens) et Enarétè.
S/2000 J 3 : Jocaste : héroïne béotienne, mère d'Agamède par son union avec Jupiter.
S/2000 J 4 : Erinomé : héroïne de la cour de Zeus, violée par Adonis sous la pression de Vénus.
S/2000 J 5 : Harpalycé : héroïne s'étant unie à Zeus et dont les descendants furent les Pisidiens.
S/2000 J 6 : Isonoé : une des Danaïdes dont l'union avec Zeus donna naissance à Orchomenos.
S/2000 J 7 : Praxidiké : déesse s'étant unie à Zeus.
S/2000 J 8 : Megaclité : héroïne de la cour de Zeus qui lui donna comme fils, Thébé.
S/2000 J 9 : Taygèté : une des Pléiades, fille d'Atlas et de Pléioné, donna Lacédaemon comme fils à Zeus.
S/2000 J 10 : Chaldèné : héroïne s'étant unie à Zeus, transformée en oiseau de proie.
S/2000 J 11 : Dia : fille d'Éionée (parfois appelé Déionée), est l'épouse d'Ixion.
S/2001 J 1 : Autonoé : conquête de Zeus, mère d'Euphrosyne.
S/2001 J 2 : Thyoné : conquête de Zeus.
S/2001 J 3 : Hermippé : conquête de Zeus.
S/2001 J 4 : Eurydomé (ou Eurynomé) : une des "Charites", filles de Zeus et Euryméduse.
S/2001 J 5 : Spondé : une des "Heures" (divinités des saisons).
S/2001 J 6 : Pasithée : fille de Zeus.
S/2001 J 7 : Euanthé : une des "Charites" (ou "Grâces"), filles de Zeus et Euryméduse.
S/2001 J 8 : Calé : une des "Charites" (ou "Grâces"), filles de Zeus et Euryméduse.
S/2001 J 9 : Orthosie : une des "Heures" (divinités des saisons).
S/2001 J 10 : Euporie : une des "Heures" (divinités des saisons).
S/2001 J 11 : Aitné (ou Aetna) : nymphe sicilienne, fille d'Ouranos et de Gé.
S/2002 J 1 : Arché : une des "Muses", fille de Zeus.
S/2003 J 1 : Eukéladé : une des "Muses".
S/2003 J 3 : Euphémé : nymphe, fille d'Hépha├»stos et d'Aglaé.
S/2003 J 5 : Eiréné : Fille de Zeus et de Thémis, déesse de la justice, Eiréné représente la paix.
S/2003 J 6 : Hélicé : une des "Muses", nourrice de Zeus.
S/2003 J 7 : Aoédé (ou Aoidé) : une des "Muses", fille de Zeus.
S/2003 J 8 : Hégémone : une des "Charites" (ou "Grâces"), filles de Zeus et Euryméduse.
S/2003 J 11 : Callichore (ou Kallikhoré) : une des "Muses"
S/2003 J 13 : Cyllèné : nymphe, fille de Zeus.
S/2003 J 14 : Coré : déesse fille de Déméter aussi appelée Perséphone.
S/2003 J 15 : Philophrosyne : déesse de l'amitié, de la gentillesse et de la bienvenue.
S/2003 J 17 : Hersé : fille de Cécrops, premier roi d'Athènes, prêtresse du plus ancien sanctuaire de l'Acropole d'Athènes, l'Erechthéion. S/2003 J 20 : Carpo : une des "Heures" (divinités des saisons).
S/2003 J 21 : Mnémé : une des "Muses".
S/2003 J 22 : Telxinoé : une des "Muses", fille de Zeus.
S/2016 J 2 : Valétudo : arrière-petite-fille du dieu romain Jupiter, déesse de la santé et de l'hygiène.
S/2017 J 4 : Pandia : fille de Zeus et de Séléné, la déesse de la lune.
S/2018 J 1 : Ersa : déesse de la rosée.


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Le système solaire par Christophe.
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Par le même auteur : Le Franc Français - Les timbres de France de 1849 à nos jours.

Dernière mise à jour :  01 Septembre 2019
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